—Je suis même son hôte. Je demeure chez lui en ce moment, mademoiselle. Et puisque vous vous êtes si gracieusement présentée, je vais en faire autant: je m’appelle Gilbert Gairlance, prince de Villingen.

—Un prince!» s’écria Bertrande avec une admiration naïve.

—«Moins prince que vous n’êtes princesse, car vous êtes belle à parer un trône,» dit-il galamment.

La jolie Bretonne devint toute rose. Mais une inquiétude secrète effaçait le plaisir d’être louée par un si fabuleux personnage. Elle demanda, soucieuse:

—«Est-ce que monsieur de Valcor va venir jusqu’ici?

—Nous devons nous retrouver à l’auberge, sur la place, vous savez?...

—Oh! alors,» dit-elle, comme si cette réflexion lui échappait, «je ne vais pas rentrer par le village. Je ferai le tour à travers la lande.

—Vous avez donc peur du marquis de Valcor?»

Elle hocha la tête et ne répondit pas. Mais elle se dirigea vers la porte ouverte, pour sortir de la petite église. Et comme Gilbert, immobile, lui barrait le chemin, sans intention bien arrêtée, rien que pour retenir cette vision charmante, elle murmura: