—Qui cela?... Toi et papa Nobert?
—Oui. Et surtout ta marraine, madame la marquise. Tu dois l'aimer, celle-là, mieux que nous.
—Pourquoi laisse-t-elle son mari être méchant pour moi?...
—Elle ne peut pas faire autrement. Tu sauras plus tard tout ce que tu lui dois.
—Mais toi, petite mère, tu peux bien dire à monsieur le marquis que tu ne veux pas me laisser dans cette vilaine pension... Oh! je t'en supplie, emmène-moi!...
—Je ne peux pas,» disait Louise en pleurant.
—«Tu n'es donc pas ma mère, puisque tu n'as pas le droit de prendre ton petit garçon?»
Elle lui imposa silence, lui défendant de jamais répéter une chose pareille, mais si bouleversée qu'elle ne le dissuadait même pas.
Depuis lors, avec la ruse des enfants et leur observation aiguë, il parvint plusieurs fois à la déconcerter par la même supposition, amenée incidemment, mais émise sous une forme affirmative et sûre. Et ceci eut une conséquence irréparable. Car il arriva, durant un des rares séjours de Michel à Solgrès, comme le petit garçon atteignait sa treizième année, qu'une altercation survint entre lui et le valet de chambre du marquis, un nommé Poinclou. Cet homme, ayant trouvé l'enfant dans une galerie, occupé à décrocher une arbalète d'un râtelier d'armes anciennes pour en faire jouer le ressort, s'emporta contre lui.