—N'étais-tu pas l'héritière légale de ton fils Michel Bellard, officiellement décédé?»
Louise élargit ses yeux d'étonnement.
—«Je n'avais jamais pensé à cela,» dit-elle. Et elle ajouta, tandis que, lentement, la réflexion se dégageait dans son esprit: «Ça ne fait rien. C'était sacré. Jamais on ne m'aurait persuadée que j'avais des droits sur ces choses précieuses.»
Michel la considéra avec un singulier sourire, demi narquois, demi ému. Puis il dit,—et ce fut toute l'expression de sa gratitude:
—«C'est épatant, ça!»
Cependant, l'idée de ces joyaux, de ces pierreries, de cet or, qui gisaient en lieu sûr pour lui, le faisait trembler de joie, lui ôtait, pour l'instant, son désir de vengeance. Sa hâte, fébrilement, éclata. Il aurait voulu courir et s'en emparer tout de suite. L'après-midi était trop avancé. Il décida de se rendre le lendemain matin dans les souterrains de Solgrès. Maman Louison, proposa-t-il, l'accompagnerait. Celle-ci n'en vit pas la nécessité.
—«Cela me ferait mal,» soupira-t-elle. «Il me semblerait que je déterre cette pauvre marquise Armande, que je vais faire sauter hors de terre son cœur saignant. T'ai-je dit, mon petit, que le mien est atteint? Oui, j'ai une maladie de cœur. Épargne-moi. Je te décrirai si bien la place que tu la retrouveras sans peine.
—J'entrerai dans le souterrain par les bois,» fit Michel. Je n'aurai pas besoin de pénétrer sur le domaine.
—Retrouveras-tu facilement l'ouverture?
—Que oui! J'y ai joué assez souvent. Nous faisions les brigands dans les cavernes avec mes petits camarades du village. Mais c'est heureux qu'il y ait des issues au dehors. Car monsieur de Malboise ne doit pas prêter au premier venu la clef de la porte de fer.