Voilà d'où venait ce beau garçon, sous les traits de qui la vieille Louise croyait revoir l'enfant innocent qu'elle pressait jadis sur son cœur et berçait dans ses bras. Elle aurait pâli, la pauvre femme, si elle avait aperçu les images évoquées sous ce front gracieux et uni, tandis que Michel résumait ses aventures en un récit soigneusement expurgé. Elle n'aurait pas eu ce sourire avec lequel elle lui disait:

—«Tu as dû te faire bien apprécier là-bas. Tu y avais sans doute une belle position. Car te voilà chic et flambant comme un monsieur.» Elle ajouta: «Tu ne perdras rien cependant à être revenu de si loin pour embrasser ta maman Louison. Car j'ai à te remettre une petite fortune. La marquise de Malboise m'avait confié—avec le testament qui, malheureusement, n'est plus valable,—tous ses bijoux de famille. Ils sont restés dans la cachette même où nous les avons enfermés ensemble.

—Comment!... Mais tu pouvais me considérer comme mort.

—J'ai toujours conservé de l'espoir.

—Et si je n'étais pas revenu?

—Eh bien, le coffret et son contenu seraient restés là où ils sont—sous terre. Je n'allais pas livrer ces souvenirs sacrés de ma pauvre maîtresse morte à monsieur de Malboise, qui l'avait tant fait souffrir et qui déjà n'est que trop riche, grâce à elle.

—Mais toi?

—Quoi donc?... Moi?...

—Tu pouvais t'approprier ces bijoux.

—Ils ne m'appartenaient pas.