—Tu as ta chambre,» dit Occana.

Denise rougit et se tut.

Elle éprouvait comme la conscience d'une indélicatesse à installer son intimité conjugale dans cette demeure où elle n'était qu'une mandataire, à introniser par surprise ce mari, dont, hélas! elle ne pouvait répondre, et que sa bienfaitrice n'avait jamais associé à leurs projets.

Mais le petit Michel déclara:

—«Il faut que papa reste avec nous. Quand il part c'est pour trop longtemps.

—Mon Dieu,» fit Denise en regardant son mari, «je veux bien. Mais pourquoi n'irais-tu pas à l'hôtel jusqu'à demain, jusqu'à ce que j'aie prévenu madame Régine? J'ai si grand'peur qu'elle ne nous trouve bien sans gêne, qu'elle ne te juge mal en pensant que tu reviens à moi pour profiter de la situation qu'elle m'a faite.

—Je n'irai pas à l'hôtel,» dit Occana. «C'est ici que je veux être. N'insiste pas. Tu ne sais pas quelle importance j'attache à un séjour dans cette maison, fût-il très court. Je m'en irai prochainement, s'il le faut. Je ne suis pas embarrassé. J'ai de l'argent. Mais, par ruse ou par prière, obtiens de me garder quelques jours. Tu éviteras peut-être un grand malheur.»

Un frisson secoua Denise. Jamais plus qu'à cette minute, elle n'avait senti près de cet homme une oppression intolérable de mystère.

—«Soit,» dit-elle. «Je vais téléphoner à madame de Malboise.

—Tu as le téléphone ici?...