—Il te séparera de nous?...»
Occana dit froidement:
—«Je n'oublierai jamais mon fils.»
Denise le regarda et se tut, ne réclamant rien pour elle-même. Les semaines passées auprès de cet homme venaient de lui montrer quel abîme le séparait d'elle, et à quel être de sa propre chimère elle avait gardé son cœur pendant des années. Était-ce possible qu'elle eût versé tant de larmes sur l'indifférence et l'absence de celui que, à présent, elle ne retrouvait plus?... Quand il était loin, elle le voyait tel qu'aux premiers jours de leur mariage, tel que toujours elle l'aurait aimé. Il était ici, et c'est à présent qu'elle le perdait. Avait-elle été aveugle? Est-ce lui qui avait changé?... De quel rêve insensé se réveillait-elle?... Pour garder quelque tendresse, quelque illusion, elle souhaitait qu'il s'éloignât.
L'heure du départ, que tous deux appelaient, arriva plus tôt encore qu'ils ne l'avaient prévu.
Le lendemain, de grand matin, Occana étant encore au lit, quelqu'un vint le demander. La domestique transmit le message à Denise, qui s'habillait. Elle passa un peignoir et descendit.
En bas, dans le parloir, se tenaient deux messieurs qu'elle ne connaissait pas.
—«Madame,» dit l'un, «c'est à monsieur d'Occana que j'ai affaire.
—Il repose encore, monsieur.