Il répliqua vivement:

—«Cela me change donc beaucoup?

—Aujourd'hui surtout, parce qu'elle a poussé. Je ne te rencontrerais que maintenant, j'aurais peine à te reconnaître.»

Un moment après, et comme s'il ne songeait plus à cette remarque, Occana déclara qu'il allait quitter Solgrès.

—«Ta marquise a eu le bon goût de ne pas me faire souvenir que son invitation était courte. Mais je ne suis pas d'humeur à vivre aux crochets des femmes. Il n'y a pas de place pour moi dans ce domaine, dont toi et Michel vous êtes presque les châtelains. Le dernier loqueteux y est accueilli, tandis que moi, j'y suis de trop. Ah! la destinée s'obstine...»

Denise ne devina aucune signification secrète dans l'amertume de cette dernière phrase. Elle dit:

—«Cette maison est un établissement de bienfaisance. Tu ne voudrais pourtant pas...

—Y être hospitalisé?... Oh! que non... Je ne prends pas encore mes invalides, ma chère. Le monde est grand, et l'humanité bien petite. Je me sens un géant parmi des pygmées. Ce n'est pas moi qui mendierai ce que je peux conquérir. Rien ne résiste, je le vois maintenant, à celui qui ose et qui veut.

—Tu as des projets?» demanda-t-elle.

—«J'ai tâté ma force. Et cela me suffit. L'avenir est à moi.