—«Eh bien?... Est-il vraiment Italien?» demanda le chef.

—«J'en ai la certitude, monsieur le colonel.

—Soit.»

Il se tut, fronça les sourcils, puis, regardant Michel avec ses gros yeux sans pénétration, mais qu'il croyait acérés comme des baïonnettes.

—«Allons?... Dis-nous un peu comment tu as laissé Garibaldi, mon gaillard.»

Pas un frisson ne passa sur la belle figure pâle.

—«Je ne sais pas ce que vous voulez dire. Je n'ai jamais vu Garibaldi.

—Tu ne l'as jamais vu?... Mais tu le verrais, si je te laissais partir vivant, pour lui indiquer par lequel de nos points faibles il pourrait donner la main à l'armée de la Loire.

—Vous tenez donc à ce que je sois un espion,» fit Occana, qui sourit d'un air tranquille. «Je serais un singulier espion, qui chercherait ses renseignements en surveillant la vertu des paysannes. Mais enfin, je ne me défends pas. Prouvez ce que vous dites. Je suis sujet italien. Vous ne pouvez me condamner sans preuves.»

Il y eut un silence.