—Mais non,» intervenait Louise. «Vous savez bien que mademoiselle de Solgrès a eu la bonté d'être sa marraine. Son nom est Armand.
—Oh! un nom de grand seigneur. Il le portera bien. Et il n'en a pas d'autre?
—Si... Michel... Armand-Michel Bellard.
—Pourquoi Michel?
—C'était un nom que Bellard avait choisi. Alors vous comprenez... en souvenir de son père...»
Le soir même du jour où le ménage Nobert, avec l'enfant du premier mari, se fut installé dans la maison de garde, au fond du parc, non loin du souterrain, le comte et la comtesse de Solgrès dirent à leur fille, qui leur souhaitait le bonsoir:
—«Nous avons à te parler.»
Elle les suivit dans le petit salon si retiré, si sourd, où jadis ils avaient fixé une ligne de conduite dont ils ne s'étaient pas départis. Armande fut certaine que ses parents allaient aborder le sujet dont on ne s'entretenait jamais, lorsque son père, sans donner l'ordre aux domestiques d'éclairer la pièce si bien close, y transporta lui-même une lampe, en priant ces dames de le suivre. Quand tous trois s'y trouvèrent, et la porte soigneusement fermée, M. de Solgrès dit à Armande:
—«Ma fille, tu nous rendras ce témoignage, à ta mère et à moi, qu'il n'était pas possible à des gens de notre sorte, ayant notre caractère et nos opinions, de pousser plus loin que nous ne l'avons fait le pardon du passé et le respect des sentiments naturels.»