—Oui, madame la marquise.

—C'est comme la clef du souterrain, que je te laisse parce que tu ne quittes jamais Solgrès et que tu pourrais en avoir besoin, tu continues à la cacher soigneusement. Personne ne sait que tu l'as?

—Personne, madame la marquise.

—Bien. Tu comprends, nous ne savons pas ce qui peut arriver dans l'avenir. Je suis maîtresse de ce domaine. J'ai le droit de me réserver cette issue et d'en sauvegarder autant que possible le mystère. Cependant je n'ai pu en refuser une clef au marquis de Malboise. Il croit posséder la seule qui existe. Laissons-le donc supposer que je ne me soucie pas d'entrer ici. Ses soupçons pourraient s'éveiller sur l'intérêt qui m'y attire.

—Vous pensez bien, madame la marquise, que ce ne sera pas moi qui lui apprendrai...

—Oh! Louison, quelle phrase inutile!... Elle pourrait m'offenser même. Mon cœur est-il capable de méconnaître un instant le tien?...»

Elles se turent. Pendant un instant, on n'entendit plus que les coups sourds de la pioche et des tintements de métal sous les doigts d'Armande, qui rangeait des objets dans le petit coffre. Celle-ci reprit la parole.

—«Les parois d'acier sont à l'épreuve de l'humidité, des chocs, du feu. Regarde leur épaisseur. On me les a garanties. Cette boîte resterait vingt ans au fond de la mer, ou vingt heures dans une fournaise, sans que son contenu en souffrît.»

Tandis qu'elle disposait ce contenu, elle en fit tout haut une espèce d'inventaire.