Six semaines plus tard, à Nice, au moment même où Marcienne venait de lire dans un journal la nomination de M. Philippe d'Orlhac au poste de deuxième secrétaire dans une ambassade éloignée, elle reçut une enveloppe sur laquelle, avec un émoi indicible, elle reconnut la chère écriture.

Elle l'ouvrit.

Un papier apparut, dont l'aspect la transperça plus que ne l'eût fait un couteau enfoncé jusqu'à son cœur.

C'étaient les vers de flamme et de caresse adressés par elle à son amant au lendemain de leur plus inoubliable soir. Il les lui renvoyait!…

Défaillante d'une angoisse que rien ne peut peindre, Marcienne reconnut d'abord les dernières lignes, que Philippe, en la férocité de son chagrin, avait entourées farouchement d'un trait d'encre :

« Dans la tombe qu'on m'emporte,

Pourvu que ma lèvre morte

Soit close par tes baisers!… »