A travers l'ombre complètement tombée, elle devina plutôt qu'elle n'aperçut Philippe.
Elle toucha le commutateur électrique. Des lueurs jaillirent. Les gerbes de roses, de lilas, dans les vases aux formes bizarres, surgirent triomphalement de la nuit. Elle reconnut la certitude de l'amour… les pas dans le vestibule…
Oh! son cœur qui bondit! Et, dans ses veines, le grand flot de suavité tumultueuse…
Le voici, l'amant. Il entre :
— « Tu es là!… J'ai vu la lumière… Ah! que je suis heureux! »
Tout de suite leurs bras se sont noués aux bustes, leurs lèvres se prennent.
Les subtilités de leurs âmes s'évanouissent dans l'attraction impérieuse des corps. Et c'est la commotion bouleversante, la défaillance, toujours nouvelle et comme imprévue, de la première caresse. Cet homme jeune et ardent, cette femme aux nerfs fougueux et délicats, s'aiment avant tout de tous leurs sens.
L'appel réciproque de leurs fibres vivantes est si net, si violent, qu'ils en souffrent, — palpitants, écrasés, — dans le coup de foudre de chaque rencontre. Ils délirent, tremblent et s'émerveillent tout d'abord de s'effleurer.
Puis ce désordre s'apaise. Les vœux de la chair se précisent. Ils retrouvent le discernement des baisers.
— « Viens… » murmure à Marcienne la voix altérée de Philippe. « Viens… je t'aime… je te veux… à moi… toute. »