Elle marche, enivrée, dans son étreinte.

Elle se laisse entraîner vers les demi-ténèbres de leur chambre.

Ni résistance calculée, ni coquetterie. Ils sont tous deux dans la grande passion dévorante, qui n'a pas besoin de subterfuges, d'aiguillons.

Ils ont l'un de l'autre une soif égale. Et cette soif ne ressemble pas aux fièvres d'imagination qu'ils ont pu connaître — lui, dans des aventures sans sincérité ; elle, dans deux mariages : le premier, de virginale ignorance, le second, d'enthousiasme intellectuel.

Ils découvrent ensemble le paradis de leur amour. Chacun est pour l'autre l'initiateur involontaire, par la seule ingéniosité de sa tendresse.

Leurs baisers se façonnent à leurs lèvres, parce que ce sont leurs lèvres, sans qu'aucune science perverse, aucune furtive réminiscence, n'émousse la saveur violente, aiguë et neuve de leurs caresses, l'émerveillement de leurs audaces dans le mystère des voluptés.

....... .......... ...

Et maintenant ce sont les premiers mots de la causerie qui suit l'extase : cette causerie chuchotée des âmes blotties l'une contre l'autre comme le sont les corps heureux ; ces paroles qui, dans leur folle et câline douceur, gardent des frôlements, des soubresauts de chair frémissante.

— « Alors… tu m'aimes?

— Oh!… si je t'aime!…