Quand l'acte finit, M. de Sélys se leva.
— « Viens te promener un peu avec moi, Lolotte. Tous ces détraqués-là m'ont donné la courbature.
— Oh! ne sortons pas, » dit vivement Marcienne.
— « Pourquoi non?
— Le théâtre est plein de gens que nous connaissons. Nous serons arrêtés à chaque pas. Je déteste tenir salon dans les couloirs.
— Reste avec Jacques, » fit Charlotte sèchement. « Moi je sors avec Édouard. »
« Elle attend sans doute, » pensait la petite, « que son Philippe vienne la voir dans sa loge. »
Et Marcienne se disait :
« Je suis sûre qu'ici le pauvre cher garçon n'osera pas venir. Mais il va rôder du côté du foyer. Il ne se doute pas que Charlotte sait tout. Je ne veux pas le rencontrer. Ma situation entre eux trois serait trop abominable. »
Elle insista encore pour demeurer dans le refuge du petit salon contigu à l'avant-scène. Mais Fromentel insista, lui aussi, pour prendre l'air. Elle dut céder, aimant mieux les suivre, après tout, dans la crainte que l'énervement où elle voyait sa belle-sœur ne poussât celle-ci à quelque incartade.