—Qu’est-ce que tu dis?

—Je dis que cette vieille folle m’offense, moi, Micheline de Valcor, en essayant de m’intéresser aux aventures d’une fille perdue.

—Toi!... Micheline de Valcor!... Toi!... Cette vieille folle!...» répéta son père, devenu blême et balbutiant, comme un homme frappé d’horreur.

—«Certes.

—Je te défends te t’exprimer ainsi... Je te le défends!...» s’écria-t-il, plus menaçant que lorsqu’il s’irritait de l’entrevue avec Françoise.

Micheline allait s’insurger, ayant hérité de ce même caractère de fer qui se dressait aujourd’hui pour la dominer. Entre ces deux êtres, nulle opposition ne s’était encore élevée où ils pussent mesurer leurs forces. Leur immense tendresse mutuelle, et l’idolâtrie entourant l’enfant gâtée, la fille unique, avait reculé l’épreuve. Elle devait venir, un jour ou l’autre.

Pas encore, pourtant. La délicate sensibilité de la jeune fille lui fit pressentir comme une souffrance dans la colère inusitée de son père. Elle redouta de l’avoir froissé.

—«Je vous demande pardon. J’oubliais que Mathurine Gaël est estimée de notre famille pour je ne sais quels services anciens. N’a-t-elle pas été votre nourrice, mon père?

—Quelque chose comme cela,» dit-il d’une voix plus étrange que cette étrange réponse.

—«Ah!» reprit Micheline, «voilà donc la raison du grand intérêt que vous portez à sa petite-fille.