Mme de Ferneuse donna un coup d’œil autour d’elle, observant ces détails.

Comme elle avait dit à son fils: elle n’avait pas peur de l’homme avec qui allait commencer une conversation tragique. Elle avait tu à Hervé la raison de sa force. Elle se savait aimée de lui. Cependant, son cœur battait dans sa poitrine, comme celui de la dompteuse, qui, pour la première fois, pénètre seule dans la cage, face à face avec le fauve.

—«Vous voulez que nous soyons tranquilles,» dit-elle. «Vous prévoyez que nous aurons des choses graves à nous dire.»

Il ne répondit pas. D’un geste, il l’invita à s’asseoir dans une bergère, puis il resta debout devant elle, ses yeux bleus noircis d’ombre attachés intensément sur ceux de Gaétane.

Mme de Ferneuse lui rendit fièrement regard pour regard, et lui dit:

—«Qui êtes-vous?»

L’homme était préparé à quelque ouverture saisissante, mais pas à cela, pas à cette question, jetée avec un tel accent. Pourtant, ce fut à peine si ses cils clignèrent. Il répondit:

—«Je suis Renaud de Valcor.

—Vous mentez,» répliqua-t-elle, «Renaud de Valcor est celui qui, jusque dans sa tombe, portait au doigt cet anneau.»

Elle tendit vers lui sa main gauche, où la simple bague brillait seule. Il regarda la main, il regarda la bague, puis, lentement, il releva les yeux sur la femme.