Gilbert éclata de rire:

—«Pourquoi pas?... Mais si!... dans cet appartement... dans cette chambre... tiens, là sur mon lit. Nous le ferons jouer. Ce sera gentil. Ça raccourcira cette ennuyeuse convalescence.»

Alors il y eut une minute folle. Bertrande tomba à genoux en pleurant, puis elle se releva pour sauter de joie, puis elle embrassa Gilbert en bégayant des remerciements absurdes et délicieux, puis elle partit comme une flèche, bouscula le vieux Denis tout en épinglant de travers son chapeau:

—«Denis, Denis, je vais chercher mon petit Claude. C’est votre maître qui le demande... Comprenez-vous?...»

L’ancien serviteur leva les bras au ciel, ferma la porte derrière la jeune femme, et, se recomposant un maintien, entra pour mettre une bûche dans la cheminée de son maître.

Le prince, appuyé sur ses oreillers, rencontra le regard du vieillard. Ni l’un ni l’autre ne parla. Denis fourgonna le bois, secoua les cendres, et, méthodiquement, ajusta le nouveau rondin.

—«L’été ne se décide pas à venir, eh! mon vieux?» dit enfin Gilbert.

—«Non, monsieur. Je n’ai jamais fait de feu si tard dans la saison. Il est vrai que Monsieur est malade.

—Oh! puis... pour ce qu’il vaut, ton feu!... Elle ne va jamais prendre, cette bûche. Tu as remis des cendres dessus.

—Elle se consumera tout doucement.