—De l’argent.

—Vous êtes donc fou!... Il fallait vous mettre à l’abri d’abord. Je vous aurais envoyé ensuite tout ce que vous auriez voulu.

—La peau!...» fit l’autre avec un ricanement non moins immonde que son exclamation. «Vous ne m’auriez rien envoyé du tout, parce que toute correspondance avec moi vous aurait trahi. C’est seulement ici que j’ai encore le pouvoir de vous fixer mes conditions. Donnez-moi la forte somme et les moyens de déguerpir. Parce que, vous savez, si on me pince, je cause. Je me ferai promettre la vie sauve en échange de mes petites histoires intéressantes. J’ai pas envie d’être raccourci pour vos beaux yeux.

—L’argent...» dit le faux marquis, «ce n’est pas ce qui me préoccupe. Mais votre fuite... et dès cette nuit même... cela ne va pas être commode. Personne ne vous a remarqué dans le pays?

—Pers...»

Le misérable n’acheva pas le mot.

Une clarté jaillit, en même temps que deux corps, coup sur coup, faisaient irruption par l’ouverture, tombant accroupis pour se redresser aussitôt. C’étaient deux gendarmes, revolver au poing. La lumière, qui brillait à l’entrée, devait être tenue par un troisième. Et l’on entendait plusieurs voix au dehors.

Les quatre hommes, tassés en bas, l’un contre l’autre, dans l’espèce de fosse étroite, n’échangèrent pas une parole. Les gendarmes avaient mis les menottes à Sornières avant que le bandit, stupide de surprise et d’effroi, eût émis un son ou fait un mouvement. Ils lui jetèrent ensuite une corde autour des jambes et le poussèrent vers l’ouverture. Quelqu’un, d’en haut, le tira. Il disparut.

—«Bien le bonsoir, monsieur le marquis,» cria du dehors une voix goguenarde.

C’était un agent de la Sûreté, qui, projetant vers l’intérieur le rayon de sa lanterne, distinguait parfaitement l’homme acculé dans cette tanière,—fauve cerné par les chasseurs, accoté au granit, les bras croisés, orgueilleux, muet... mais vaincu.