En même temps, l’aube se leva. Une lueur pâle et verdâtre éclaira la tumultueuse solitude.

Dans toutes les grandes marées, le niveau des eaux surpasse la grotte où se trouvait Bertrand. Bientôt des jets d’écume se lancèrent jusqu’à ses pieds, puis se retirèrent, comme des bêtes mauvaises, qui agacent la proie encore redoutable, sans oser l’attaquer pour de bon. Le sable qui, tout à l’heure, étincelait, sec et blanc sous la lune, brunissait maintenant d’humidité, et gardait des bulles transparentes qui crevaient à sa surface.

Bertrand regarda autour de lui.

Partout l’eau claquait sur le roc, s’écrasant en gerbes blanches, ou bouillonnant dans les anfractuosités. Déjà, il était presque trop tard pour quitter la retraite que cernaient les eaux.

Mais celui qui l’avait choisie, cette retraite, comptait y demeurer jusqu’à ce que la mer en arrachât son cadavre. Il eut un sourire, sortit son revolver de sa poche, s’étendit sur le roc, appuya le canon de l’arme contre son front, et fit jouer la détente...

Jamais personne ne revit, mort ou vivant, Bertrand Gaël, qui avait été, pendant plus de vingt ans, Renaud, marquis de Valcor.


XX

ÉPILOGUE