Elle se redressa. La pudeur offensée fit monter le rose à ses joues pâles. De tels mots dans la bouche d’un être pareil! Son cœur, son amour, servant de ressort aux intrigues de ce vil personnage!

—«Je vous en prie, monsieur!...»

Cependant la formule d’interdiction s’exhala sans énergie. Cet Escaldas, malgré son âme louche, ne possédait-il pas les secrets de Gilbert? Ne vivait-il pas dans son intimité?

—«Ne vous révoltez pas, mademoiselle Françoise,» reprenait-il d’une voix insidieuse, nuancée d’un hypocrite respect. «Ne vous rappelez-vous pas cette soirée de fête, au château de Valcor, où je vous ai surprise dans le dépit de voir le prince danser le cotillon avec une autre que vous?

—Avec ma cousine Micheline.

—Avec celle qui n’est pas votre cousine... Avec la fille de l’aventurier. Que vous ai-je dit alors?

—Que vous amèneriez le prince à mes pieds.

—L’ai-je fait?

—Oh!» dit-elle, «si j’avais su par quel moyen! Mais j’étais une petite folle. Vous aviez jadis ébloui mon enfance par des récits de pays lointains et fantastiques. Pour un peu, je vous aurais cru magicien. Ce soir-là, je perdais la tête. D’ailleurs, j’étais une enfant. J’ai depuis vécu plus d’années qu’il ne s’est passé de mois. Je connais la vie et les hommes. Vous avez décidé le prince à demander ma main parce que vous avez eu l’habileté de lui faire voir en moi la véritable héritière de Valcor.