—«Micheline?... Je ne vois pas bien le soi-disant Valcor donnant sa fille à l’homme qui lui dénie sa personnalité sociale, et qui allongea un si sensible coup d’épée dans sa personnalité physique. Sa fille?... J’entends celle qui consacre si magnifiquement son usurpation, celle qui mêle son sang de malandrin à l’illustre sang des Servon-Tanis. Pour ce qui est de l’autre...

—Que voulez-vous dire?

—Vous rappelez-vous, mademoiselle Françoise, une petite pauvresse, fille de pêcheurs, qui a certainement rôdé autour de vous dans le parc de Valcor, quand vous y jouiez, avec votre pseudo-cousine, admettant parfois à vos parties la marmaille du voisinage?... Une nommée Bertrande?...

—Bertrande?» répéta Mlle de Plesguen en interrogeant ses souvenirs. «Bertrande?... Attendez donc... Vous ne voulez pas parler de Bertrande Gaël?

—Si, précisément.

—Oh! celle-là ne se confondait pas avec ce que vous appelez «la marmaille du pays». Elle appartenait à une famille très protégée du château. Seulement mon oncle...—je veux dire monsieur de Valcor—la tint de plus en plus à distance à mesure qu’elle grandit. Cette petite ressemblait à Micheline d’une façon que les parents de celle-ci trouvaient gênante.

—Parbleu!

—Comment?

—Monsieur de Plesguen ne vous a donc pas appris qu’au moment de ce coup de théâtre à la Chambre, et de son absurde désistement, nous tenions une piste, nous établissions que le soi-disant marquis n’était autre que le marin Bertrand Gaël, disparu à la suite d’un naufrage, et père de cette petite fille?...