—Qu’importe! Cela ne suffit pas de m’interdire l’espoir. Il faudrait m’en guérir. C’est moins facile.
—Et si je le faisais?
—Je vous en défie.»
Il y avait de la mélancolie sous ce badinage. La loyauté de Micheline crut devoir une entière confiance à un sentiment qui risquait de devenir trop profond.
—«Amaury, c’est à votre délicatesse que j’en appelle contre vous-même. Je vais vous révéler un secret que vous respecterez, qui vous empêchera de me reparler jamais comme tout à l’heure. Je suis fiancée.
—Vous!... Fiancée!... Et à qui, grands dieux?...
—A Hervé de Ferneuse.
—Pourquoi n’est-ce pas officiel? Pourquoi ne le voit-on jamais ici? Qu’attendez-vous pour l’épouser?
—Voilà bien des questions,» dit Micheline avec hauteur.
—«Pardonnez-moi, ma cousine. Chez les Servon-Tanis, quand un homme a reçu l’engagement d’une jeune fille, le service seul de sa patrie, s’il est marin ou soldat, peut le tenir éloigné d’elle. Lorsque la jeune fille est telle que vous, pareil honneur supporte mal d’être tenu caché.