—Chez les Servon-Tanis,» repartit Micheline âprement, «on n’a pas l’habitude des insinuations sournoises. Je le sais, car j’en suis. Veuillez donc parler ouvertement, mon cousin.
—Alors, acceptez un conseil.
—S’il est l’explication de vos paroles, soit.
—Continuez à garder soigneusement par devers vous le secret que vous m’avez confié.
—Celui de mes fiançailles?
—Oui.
—Pourquoi?
—Le bruit en avait couru, il y a plus d’un an, à Valcor. Vous vous rappelez, le soir de votre fête?... Ce bal si brillant, si gai?... On chuchotait en vous voyant danser avec monsieur de Ferneuse. L’opinion, pourtant, se dérouta, parce que ce ne fut pas lui, mais le prince de Villingen qui conduisit avec vous le cotillon. Cette circonstance vous épargna plus tard de pénibles commentaires.
—Je ne comprends pas, Amaury.
—Voyons... Si l’on considérait Hervé de Ferneuse comme votre mari futur, quelle explication donner à sa retraite au moment des embarras qu’a traversés le marquis?»