Souvenirs, souvenirs, c'est par vous que j'existe!
Ma vie est tout entière en votre vague émoi.
Dans la nuit du passé, votre écho tendre ou triste
Sauve seul du néant cet être qui fut Moi.
Sans vous, qu'en serait-il de mes courtes années,
S'effaçant tour à tour dans le temps éternel,
Et des illusions, si promptement fanées,
Dont l'éclat met une âme en mon corps tout charnel?
Car il n'est rien de vrai dans toutes les chimères
Qui, de leur vol léger, flottent sur mon chemin: