Ombres qui reflétez l'ombre éteinte à jamais,

Car vous ressuscitez en un songe suprême

Tout ce qui m'a fait vivre et tout ce que j'aimais.

Nés avec chaque larme, avec chaque pensée,

Partout où j'ai souffert, partout où j'ai vaincu,

Vous maintenez pour moi l'existence effacée,

Par vous seuls je peux dire aujourd'hui: «J'ai vécu!»

Venez donc, souvenirs à l'aile étincelante,

Spectres des jours heureux et des paisibles soirs,

Venez, pour enivrer mon âme chancelante