Les douleurs dont votre âme a pu saigner naguères

N'obscurcissent jamais leurs sublimes tableaux.

L'égoïsme d'un cœur qu'un âpre amour déchire

Y chercherait en vain des baumes fraternels,

Car ils ne daignent pas regretter ni maudire

Vos vers d'airain chantant sous les cieux éternels.

Sur la fuite des jours et le néant des choses

Ils construisent en paix leur songe de beauté,

Et l'esprit ignorant les invisibles causes

Ne connaîtra jamais le prix qu'ils ont coûté.