Ils ont vécu, le cœur bercé par leur chimère,

Traversant nos douleurs avec un front joyeux,

Et même ils ont souri lorsque la Mort amère

De son geste muet leur a fermé les yeux.

Ce qu'ils ont entrevu dans leur obscure voie

N'est pas le joug pesant d'un stérile labeur,

La terreur de la faim, la jeunesse sans joie,

Le trépas solitaire et sa morne stupeur.

Non: c'est un sûr chemin, plein d'épreuves mystiques,