L’être qui laisse au monde une immortelle trace,
Qu’il soit César, Bouddha, Mahomet ou Jésus,
Incarna dans son sein le rêve d’une race.
XIV
L’Histoire
Histoire, tu n’es plus cette muse élégante
Qui soumettait Dieu même à des décrets hautains
Et qui nous le montrait, d’une plume fringante,
Balançant le succès des combats incertains.
Toi que nous avons vue, injuste et provocante,
Couronner les héros avec des airs mutins,
Tu te troubles, pauvrette, en ta candeur piquante,
Devant l’enchaînement terrible des destins.
Aujourd’hui tu pressens ta rude et noble tâche;
L’immense drame humain se poursuit sans relâche,
Sur chaque événement il pèse tout entier.
Lève-toi donc, déesse, et, de tes orteils roses
Foulant les durs cailloux d’un âpre et long sentier,
Remonte lentement vers les lointaines causes.