VIVIANE.

Nous voici tout prêts.

DIOTIME.

Disons auparavant quelques mots de la vie de Gœthe, sans laquelle sa tragédie ne s'expliquerait guère mieux que la Comédie sans la vie de Dante; et malgré vos préventions, Élie, peut-être en viendrez-vous à convenir que si ces deux génies sont pour moi comme un seul guide et un seul maître, et si, en éclairant l'une par l'autre leur œuvre et leur vie, je vois s'en dégager l'idéal complet de la conscience et de la destinée humaine, une sorte de poétique du salut, passez-moi l'expression, il pourrait bien y avoir là autre chose qu'un jeu de mon esprit et le goût puéril du paradoxe.

ÉLIE.

Vous êtes sévère pour vos amis, Diotime; mais je l'ai mérité, et j'implore mon pardon.

Diotime tendit la main à Élie en s'excusant à son tour de sa vivacité. Par une question jetée à la traverse, Viviane coupa court à ce petit incident.

VIVIANE.

L'ai-je rêvé, ou ne m'avez-vous pas dit que vous avez connu Gœthe?

DIOTIME.