Mais enfin, un critique a dit, et je suis de son opinion, qu'il préférait à tout le symbolisme d'Hélène un baiser de Marguerite.
DIOTIME.
Vous parlez ici, sans doute, avec tous les lecteurs français, de la Marguerite du premier Faust, oubliant qu'elle reparaît dans le second, qu'elle n'y est pas moins symbolique qu'Hélène, et qu'elle finit par se confondre avec la fille de Léda dans le même nuage poétique.
MARCEL.
Des nuages! toujours des nuages!
DIOTIME.
Celui-ci est assez transparent, ce me semble. Faust est une fois encore seul et rêveur dans les hautes solitudes. Il contemple le ciel. Il voit passer dans les nuées le fantôme d'Hélène; le nuage se dissipe, et lorsqu'il se reforme un peu plus haut, c'est l'image de Marguerite qui apparaît. «Une image, enchanteresse m'abuse-t-elle?» s'écrie Faust. La félicité de mes plus jeunes années renaît dans mon cœur,
D'antico amor senti la gran potenza.
a dit l'Allighieri. C'est l'aube de l'amour, le regard à peine compris, la beauté pure qui attire à elle le meilleur de l'âme de Faust.