—C'est l'heure des contrebandiers, dit Viviane, répondant ainsi à la question que se faisait tout bas Diotime.
L'embarcation avançait toujours. Bientôt on put distinguer qu'elle était montée par trois hommes. Un quatrième, de grande taille et qui paraissait armé, se tenait debout près du foc.
—Je ne me trompe pas, c'est la barque de Floury, s'écria Diotime.
—Que viendrait-elle faire ici, à cette heure? dit Viviane.
Sans répondre, Diotime se dirigeait vivement vers la pointe où le pilote allait atterrir. Je ne sais quel pressentiment hâtait son pas. Quelqu'un venait, en effet, à sa rencontre.
Avant que la barque eût touché terre, l'inconnu qu'on y voyait debout, à l'avant, et qui ne ramait point, s'élançait.
—Évodos!…
À ce nom qu'elle entendit avant d'avoir rien vu, Viviane, comme frappée d'immobilité, s'arrêta soudain. Le jeune homme vola vers elle. Il la reçut dans ses bras, tremblante et muette.
Après les premiers étonnements du revoir:
—Mais enfin, reprit Diotime, comment donc, quand on vous croit dans les mers d'Ionie, abordez vous au cap Plouha?