Sous ce beau ciel paré comme pour une fête,
Vingt-quatre beaux vieillards, de lis ceignant leur tête,
S'avançaient deux à deux en ordre régulier.
Ils chantaient tous en chœur: «Ô toi, fille choisie
Entre les filles d'Ève, à jamais sois bénie!
Sois bénie à jamais dans tes belles vertus!»
Puis, quand le gazon frais et la flore irisée,
Qui brillaient devant moi sur la rive opposée,
Ne furent plus foulés par ce troupeau d'élus,
Comme au ciel un éclair après l'autre flamboie,
Vinrent quatre animaux après eux dans la voie.
Tous quatre couronnés de rameaux verdoyants.
Et chacun d'eux avait six ailes admirables
Que parsemaient des yeux aux yeux d'Argus semblables,
Si les mille yeux d'Argus pouvaient être vivants.
Mais je ne perdrai plus de vers à les décrire,
Ô lecteur! il me faut répandre ailleurs ma lyre,
Et force m'est ici de me restreindre un peu.
Mais lis Ézéchiel qui nous dépeint ces bêtes,
Comme il les vit du fond du nord et des tempêtes
Venir avec le vent, la nuée et le feu.
MARCEL.
Voilà, ne vous déplaise, une fort belle traduction et qui me dispense de prendre un professeur italien.