Je cueille suivant l’heure et suivant la saison,

Les fruits de mon verger, les fleurs de la savane ;

Sans cesse de mon cœur un vers limpide émane

Devant la mer, les bois, le lac ou l’horizon.

Qu’on soit vêtu de pourpre ou couvert de haillons,

La vie est une feuille ivre que le temps fane ;

Comme l’astre tombé d’une nuit diaphane

Le poète en vain trace un lumineux sillon.

Je ne convoite pas une gloire éternelle,

Trop heureux, par les mois où la lune est trop belle,