[7] Io mi sentii svegliar dentro allo care....

[8] Madonna Giovanna et Madonna Beatrice.

[9] Commentaire du [ch. XXIV].


CHAPITRE XXV

Les gens qui veulent tout expliquer pourraient s'étonner de ce que je dis de l'Amour, comme s'il était une chose en soi et, non pas seulement comme une substance intellectuelle, mais comme une substance corporelle, ce qui serait faux au point de vue de la réalité: car l'amour n'est pas en soi une substance, mais un accident en substance.

J'ai parlé de lui comme s'il était un corps, et même un homme, dans trois circonstances: quand j'ai dit que je le voyais venir de loin. Comme, suivant Aristote, se mouvoir ne peut être que le fait d'un corps, il semble que je fais apparaître l'Amour comme un corps. Quand j'ai dit qu'il souriait, et même qu'il parlait, comme c'est là le propre de l'homme, le rire surtout, il semble que j'en ai fait un homme.[1]

Pour expliquer ceci, il faut d'abord savoir qu'autrefois on ne parlait pas de l'amour en langue vulgaire. Ont seulement parlé de l'amour quelques poètes en langue latine. Parmi nous, comme peut-être encore ailleurs, et comme chez les Grecs, ce n'était que les poètes lettrés et non vulgaires qui traitaient de semblables sujets. Et il n'y a pas beaucoup d'années qu'apparurent pour la première fois ces poètes vulgaires, c'est-à-dire qui dirent en vers vulgaires ce qu'on disait en vers latins; et nous en chercherions en vain, soit dans la langue de l'Oco[2], soit dans la langue du Si, avant cent cinquante ans.

Et ce qui fait que des écrivains inférieurs ont acquis quelque réputation, c'est qu'ils furent les premiers à se servir de la langue vulgaire. Et le premier poète vulgaire ne parla ainsi que pour se faire entendre d'une femme qui n'aurait pas compris des vers latins. Et ceci est contre ceux qui riment sur des sujets autres que des sujets amoureux, puisque ce mode de s'exprimer fut dès le commencement consacré seulement au parier d'amour.[3]

C'est ainsi que, comme on a accordé aux poètes une plus grande licence de parole qu'aux prosateurs, et que ces diseurs par rimes ne sont autres que des poètes vulgaires, il est juste et raisonnable de leur accorder plus de licence qu'aux autres écrivains vulgaires. Donc, si l'on accorde aux poètes des figures ou des expressions de rhétorique, il faut l'accorder à tous ceux qui parlent en vers.