Tel qu'une fleur dont les froides ombres de la nuit avaient courbé la tête relève au matin sa tige abattue, et se récrée à la chaleur du jour, ainsi mon coeur languissant se ranima, et je répondis avec confiance:
—Bénie soit celle qui a pris pitié de moi, et béni soyez-vous qui n'avez pas rejeté ses larmes! Vos paroles ont rappelé ma vertu première: me voilà! vos volontés seront les miennes; vous êtes mon guide, mon sauveur et mon maître.
Ainsi parlai-je; et l'ombre étant descendue, je la suivis dans un sentier sauvage et ténébreux.
NOTES
SUR LE DEUXIÈME CHANT
[1] Ce héros est Romulus. Voilà sans doute un étrange raisonnement! Énée fut comblé des faveurs du ciel, parce que de lui devait naître le fondateur de Rome, et que Rome devait un jour appartenir aux papes. Cet argument ressemble beaucoup à ceux que ces mêmes papes faisaient alors pour appuyer leurs prétentions; et cette analogie ferait plus que justifier le poëte.
[2] Saint Paul a été ravi au troisième ciel.
[3] Dans les limbes.
[4] C'est Béatrix.
[5] Le poète semble désigner ici la charité, qui est une humanité d'un ordre plus relevé, et la première des vertus.