—Va t'éclairer dans son entretien.
Dès que je fus auprès de son tombeau, Farinat jette un coup d'oeil sur moi, et s'écrie, d'une voix dédaigneuse:
—Quels furent tes ancêtres?
Et moi, qui voulais le satisfaire, je ne lui déguisai rien. Aussitôt il fronce le sourcil, lève un moment les yeux et dit:
—Tes aïeux ont été mes cruels ennemis, les ennemis de mes pères et de tous les miens; aussi nous les avons deux fois dispersés.
—S'ils ont fui devant vous, répondis-je, ils ont su rentrer dans leur patrie, et les vôtres en sont encore exilés.
Cependant, à côté de cette ombre, une autre élevait sa tête hors du même cercueil, et semblait y être à genoux [2]. Le fantôme regardait avec empressement autour de moi, comme si j'étais accompagné; et me voyant seul, il me dit tout en pleurs:
—Si, pour honorer votre génie, le Ciel vous a permis de visiter ces tristes demeures, dites où est mon fils, et pourquoi n'est-il pas avec vous?
—Le Ciel, répondis-je, ne m'a pas laissé pénétrer seul dans l'abîme: celui qui m'éclaire n'est pas loin d'ici, et sans doute que Guido, votre fils, ne lui fut pas assez dévoué…..
Je n'hésitai point à nommer son fils, car j'avais reconnu cette ombre à son discours et au genre de son supplice. Tout à coup, ce malheureux père se dresse devant moi et s'écrie: