San-Antonio

Bas les pattes !

AVERTISSEMENT Pas d'erreur, les mecs, Le baratin qui suit ne concerne pas des petits futés existant ou ayant existé. Ceux qui voudraient jouer les gros bras tomberaient sur un os.

PREMIÈRE PARTIE

« Les mecs de Chicago parlent français »

CHAPITRE PREMIER

« Après vous, s’il en reste »

Le lac Michigan, c’est comme la mer, en aussi bleu, en aussi tourmenté lorsque le vent souffle, et il soufflait vachement ce jour-là. Chicago, patrie des gangsters, s’étale en éventail au bord de la flotte. C’est une ville bien géométrique, avec des rues qui se coupent toujours à angle droit. Vu du ciel, on dirait un gigantesque quadrillage.

J’en avais le torticolis, à force de matouzer du haut de l’avion. J’en prenais plein mes châsses ; forcément, c’était la première fois que j’annonçais ma viande dans cette contrée. Ça m’aurait fait pleurer les fesses de caner avant d’avoir reniflé l’odeur particulière qui flotte sur ce patelin.

Voyant l’intérêt que je portais à la contrée, un gros lard d’Amerlock, ayant dans le bec un cigare gros comme l’obélisque de la Concorde, s’est mis à me raconter la banlieue que nous survolions.