Nous avons effectué des rafles, exercé des surveillances étroites dans tous les établissements de danse de la ville. Nous avons jeté un coup d’œil sur l’activité de tous les Français habitant la région, bref, remué ciel et terre, sans le plus petit résultat.
Le Français continue de tuer… La presse est très excitée, l’opinion publique aussi, par contrecoup direct. Alors, l’idée m’est venue de faire appel à un as de la police française. »
J’ai esquissé une courbette.
L’as de la police française ne se sentait pas trop reluisant, je vous jure ! Cette histoire du Français qui démolissait les greluses, vue d’ici, me paraissait gênante pour le prestige national.
— Vous comprenez, a poursuivi Grane, il ne faut rien négliger. Vous, étant de même nationalité que le tueur, vous pouvez lutter avec lui sur un terrain qui nous échappe, à nous autres : le terrain psychologique.
— Je vois…
— Je vais vous remettre le dossier des sept meurtres. Vous avez carte blanche. Au cas où vous vous heurteriez à une difficulté quelconque, téléphonez ou faites téléphoner à Nord 54–54. Vous vous souviendrez ? 54, deux fois…
— Je me souviendrai.
— Pour tout renseignement concernant la ville, miss Cecilia, secrétaire, qui parle le français, vous viendra en aide.
— O.K. !