— Or, depuis un mois, une épidémie de meurtres sévit dans leurs rangs. Il ne se passe pas de semaine sans qu’on trouve le cadavre d’une ou deux de ces filles, soit dans la rue, soit dans leur chambre.

— Voyez-vous !

— Elles sont assassinées par des moyens différents, mais toutes ont dans la main le même morceau de papier portant, calligraphiés, ces deux mots : Le Français.

Il a ouvert un second tiroir et en a sorti une enveloppe de carton glacé.

— Voici…

J’ai examiné son contenu : sept feuillets de bloc-sténo sur lesquels la même main a écrit les deux mots fatidiques : Le Français.

Ces deux mots avaient été rédigés au moyen d’un stylo à encre. Et l’encre en était noire.

Grane a respecté mon examen, puis il a murmuré :

— D’après nos experts en graphologie, il est probable que ces mots ont été écrits par un Français. Cette écriture penchée, aux pleins et aux déliés accusés, est française.

« Depuis un mois, la police urbaine est sur les dents, mais l’enquête piétine. Pas le moindre indice. On trouve un cadavre ou deux de plus chaque semaine, et c’est tout. Le criminel paraît sortir de l’ombre et s’y replonger dès que son acte est accompli. Jusqu’ici, sept filles sont mortes. Leur assassinat s’est toujours déroulé discrètement, sans témoin, sans bruit !