— Peut-être pourriez-vous me mettre au courant dans le détail ?
— J’allais vous le proposer.
Il me verse un nouveau glass de raide.
— Savez-vous ce que c’est qu’une taxi-girl ?
— Chez nous, on appelle ça une entraîneuse. Non ?
— Non, ça n’est pas exactement une entraîneuse. Une taxi-girl est une fille qui appartient à un établissement de danse. Le type qui est seul va danser dans ces boîtes, il prend des jetons à la caisse et il choisit la taxi-girl de son rêve. Il lui remet un ticket pour une danse.
— Marrant, ai-je dit. On n’a pas l’air très sentimental dans votre bled.
Ces considérations n’ont pas eu l’heur de lui plaire. Il a remisé sa bouteille d’un geste nerveux.
— En général, poursuivit-il, ces filles ne sont pas des coucheuses. Oh ! Évidemment, on lie davantage connaissance en dansant qu’en faisant la plonge dans un drugstore, mais, en principe, elles sont ce que vous appelez honnêtes. Ce sont des espèces de fonctionnaires de la danse. Vous saisissez ?
— Parfaitement.