— Bien. Moi, je ne suis pas un gars d’ici. J’ai un passeport en règle et un permis de séjour en bonne et due forme. Je peux donc voir venir.

— A condition de ne pas vous servir à tort et à travers de ce joujou, objecte Grane en tapotant sa poche.

— Je ferai attention. Vous me blanchissez pour cette fois ?

— C’est la dernière, San-Antonio. Vous voilà prévenu.

Il se lève.

— Ici, lorsqu’on s’obstine dans la voie que vous prenez, on se retrouve à la morgue avant d’avoir compris ce qui vous arrive !

Je le chope par le colback.

— Grane, vous commencez à fienter dans mes bottes ! Moi, j’étais à Paris, peinard. Je faisais mon boulot gentiment et je me foutais de vos gangsters et de vos tueurs. Qui a demandé le concours d’un collègue français pour l’étude « psychologique » du cas ? Ça faisait joli, pour la presse. Non ? Je parie que c’est vous qui avez alerté les reporters !. Cela détournait la rage du populo. Il est docile, le populo, il regarde le lapin qu’on lui désigne. Avouez que c’est vous, Grane.

Il hausse les épaules.

— Ce sont mes chefs, oui. En effet, le public est mécontent de notre « incapacité ». Ici, il faut du nouveau. L’Amérique est le pays où l’actualité a le plus besoin de se renouveler. Je n’y peux rien, et vous non plus !