Drôle de coin.
Katharine Fellow créchait dans la moitié de la maison, l’autre partie est occupée par un vieux violoniste qui gratte dans un bastringue.
L’homme en question se pointe juste au moment où nous venons de nous rencarder chez le teinturier du coin.
C’est un petit juif frileux. Il est très dégarni sur le couvercle ; il porte des lunettes cerclées de cuivre, un complet noir avec des poches aux genoux et aux coudes. Et il a des poches sous les yeux aussi.
Il se nomme Povicci.
— Fais-lui le baratin de départ, fais-je à Robert Dauwel.
Le petit musico ajuste sa boîte à violon.
— Je parle le français, affirme-t-il.
Robert se renfrogne parce qu’il va devenir inutile. C’est comme un acteur dans le rôle duquel un metteur en scène impitoyable se met à tailler.
— Je suis un vieil ami de cette pauvre Katharine, dis-je. Je vis en Europe, il y a très longtemps que je ne l’avais pas vue. J’ai appris ce qui lui est arrivé, c’est affreux. Je voudrais avoir tous les détails sur les circonstances de sa mort.