— C’est-à-dire que je suis détective, détective belge. J’agis pour le compte d’un ami très cher à Katharine. Ce monsieur aimerait avoir des détails…

— Oui, oui, fait le petit homme.

Il est méfiant. Il a peur que je lui tire les vers du naze pour balpeau. C’est le moment de lui montrer les talbins.

J’en pose un de dix sur une pile de livres.

— Ça, fais-je, c’est l’ouverture. Elle vaut celle d’Aïda. Non ?

Il rafle l’artiche comme un caméléon gobe une mouche. Rappelez-vous que, pour ce pèlerin, il enfouraille tout ce qui est ni trop chaud ni trop froid avec une dextérité qui rendrait malade le président des prestidigitateurs.

— Bon, murmuré-je, alors, parlons. Quelle vie menait la donzelle ?

— Ma foi, une vie de noctambule. Son métier…

— Je sais. Rentrait-elle des mâles en chaleur, le soir ?

— Très rarement.