— Je veux bien.

— Alors, deux doubles. Vas-y, commande ! Et, par la même occase, interroge le garçon. Tâche de savoir s’il connaît un zig du style clergyman.

Mon petit pote se débarbouille tandis que je file un coup de saveur à ce tapis. Y’a des clients ordinaires, c’est-à-dire des glands qui ont filé rencard à leur secrétaire. Ça se bouffe la gueule dans tous les angles. La salle est plongée dans la pénombre. Elle est divisée en petits boxes cernant une piste de danse grande comme un couvercle de lessiveuse. Chaque box est éclairé par une lampe à abat-jour très discrète. Seul, le bar est à peu près éclairé.

Mon gars Dauwel baratine sec. Je lis sur la hure du barman les réponses. Oui, il connaît le gars. Ça se sent à la façon dont il jacte.

— Alors ? Je demande lorsque l’entretien est terminoché.

— Ça va, affirme Robert. Il connaît. Le type vient tous les soirs ici. Il a rendez-vous avec des filles. Il leur parle à peine. Il leur apporte un bouquin.

— Au poil… A quelle heure radine-t-il ?

Robert traduit ma question.

— Vers les dix heures.

— Parfait. Tiens, allonge cinq dollars au barman en lui disant qu’il ne parle pas de nous au mec lorsqu’il s’annoncera.