J’ouvre le tiroir de la table à maquillage : balpeau ! Je bigle par terre : zéro. Enfin, je me mets à sourire. L’unique siège est recouvert de velours. Je soulève la partie rembourrée et je constate que la chaise peut servir de boîte à couture. Sous le capitonnage de velours, il y a une cavité renfermant le bouquin.
J’ouvre celui-ci, il est truqué comme celui que j’ai trouvé chez Katharine. Et à l’intérieur, il y a un tas de petits paquets. Je flaire ces derniers. L’odeur me renseigne cette fois. C’est de l’opium. Je glisse les paquets dans ma vague et je remets tout en place.
Me voici affranchi, cette fois. Je commence à y voir tellement clair qu’on peut éteindre l’électricité ! Toutes les souris assassinées faisaient du trafic de stups ! Il y en a une par boîte de danse. C’est le lieu idéal pour refiler de la came. Tous les désœuvrés qui draguent dans les parages tirent sur le bambou ou se bourrent le pif !
Ce trafic n’est pas passé inaperçu de Maresco. Et c’est lui « le Français… ». Ou du moins un de ses hommes.
Pourtant, cette explication ne me satisfait pas. Maresco a d’autres moyens d’action. Il n’aurait pas besoin de faire cette mise en scène à grand spectacle.
Et puis, si j’ai découvert l’existence du clergyman avec autant de facilité, il l’aurait décelée encore plus vite, lui, avec les moyens dont il dispose.
Alors ?..
Je remets le gros gambergeage à plus tard. L’essentiel, maintenant, est de sortir d’ici sans se faire remarquer.
Je dénoue ma cravate, je prends une démarche titubante pour maller des loges… ceci au cas où je rencontrerais quelqu’un. Et bien m’en prend car, justement, je me trouve pif à pif avec un serveur noir.
J’exhale un formidable hoquet et, d’une voix mourante, j’implore :