Le coincetot est désert.

Pourtant, la môme vient d’entrer laga !

Je pénètre dans un réduit à instruments, un local dans le genre de celui où j’ai bouclé l’escogriffe de Seruti, la veille.

J’attends en renouchant par le trou de serrure. Si jamais je me fais harponner ici, ça va hurler à la mort dans le patelin !

Mais l’orchestre fait rage et le public afflue. C’est l’heure où les pigeons viennent se faire reluire au lieu d’aller se zoner.

Quelques minutes s’écoulent. La donzelle que je file ressort d’une loge du fond. Elle a troqué sa pelure contre une robe du soir en lamé, coupe Uniprix ! Elle ferme soigneusement sa lourde et se carre la clé de la loge dans le soutien-gorge. Elle n’a plus son bouquin.

Je la laisse se tailler, je compte jusqu’à treize, parce que ça porte bonheur, et je m’annonce en face de la lourde. Il ne me faut pas douze secondes pour l’ouvrir. J’entre dans la loge et je referme.

La pièce est exiguë. Grande comme deux guérites, on a envie d’y monter la faction.

Mais je ne me mets pas au garde-à-vous, ça, je vous l’annonce !

Rapidos, je fais l’inventaire du lieu. Je ne trouve pas de bouquin. Pourtant, elle l’a bien planqué quelque part, elle a tout de même pas pu s’en servir comme suppositoire.