J’attends que la danse soit finie. Puis je m’avance vers la poulette. Un ticket brandi me sert d’entrée en matière. Au moins, c’est pratique !

Le troufion, vaguement gabouillé, m’écarte d’un revers de main.

— She’s mine ! déclare-t-il.

Moi, que voulez-vous, je ne peux pas entraver les façons cavalières. C’est pourquoi j’attrape le militaire par son revers et lui file un coup de boule dans la marganette. Il avale un grondement de rage et de douleur… plus une demi-douzaine de dents.

Et il se répand sur le parquet.

K.-O., le frangin !

Les spectateurs se gondolent. Deux serveurs qui en ont vu d’autres le bichent par les pattes et par les bras et l’évacuent vers la sortie.

Je tends mes abattis à la petite fille. Elle les accepte avec un beau sourire.

Les gonzesses sont toujours bonnes pour les vainqueurs. Surtout lorsque la bataille a eu lieu pour elles.

Elle se met à me roucouler des gentillesses.