— I am Belgium…, dis-je pour couper court.
— Oh ! Gazouille-t-elle. Ju parlant oune little française…
Et elle m’explique qu’elle a connu un Français pendant la dernière guerre. Un gars qui était journaliste. Ils ont vécu deux mois ensemble et ça a laissé des traces dans son éducation.
Décidément, les Français se manifestent toujours dans la vie d’une greluse.
On fait plusieurs danses. Lorsque je regagnerai Paris, je vais cavaler à l’Opéra m’inscrire comme petit rat ! Ce voyage m’aura appris à me servir de mes gambettes, je vous l’assure !
Lorsque je n’ai plus de jetons, je vais en acheter d’autres. Bref, ça devient la grosse passion, nous deux. Je lui susurre des trucs à la guimauve. Elle biche. Lorsque je lui demande si on peut passer la nuit ensemble, elle me dit qu’elle est d’accord.
La soirée est longue comme un rapport d’expert.
Je suis vanné lorsque la carrée boucle.
— Allant attendre in rue ! me fait la poule.
Je la quitte à regret. J’ai eu tort de lui chauffer son « noir ». Si elle s’aperçoit de la chose, maintenant, elle va en avoir sec et la suite de nos relations sera compromise. Or je ne voudrais pas qu’elle le soit. Le coup est admirablement amorcé. Parti comme je suis, j’ai toutes les chances de mon côté pour lui tirer les vers du nase. Et aussi pour lui faire le coup qu’Adam a si bien réussi.