Maresco relève la tête.

— Tiens, fait-il, il récupère vite.

Il contourne son bureau et me dit :

— Asseyez-vous là.

Il donne un ordre. Ses boy-scouts m’agrippent et m’assoient dans le fauteuil pivotant qui fait face au sien.

Des cloches aux notes graves sonnent vachement sous mon dôme. Je dodeline du but comme un malheureux. Puis, enfin, je me ressaisis. En me tenant le menton, je parviens à lutter contre le vertige qui me déséquilibre. Et alors mes yeux tombent sur la feuille de papier que noircissait Maresco. Et je tique en constatant que son écriture est exactement la même que celle du gars qui a écrit les fameux billets : le Français. Pas moyen de se gourer, ce sont bien ces mêmes lettres un peu pointues, aux pleins appuyés.

Du coup, j’ai un éblouissement. Maresco serait le Français? Il aurait la connerie de signer ses meurtres de son écriture ? J’en suis ratabois ! Brusquement, je réalise qu’il est en train de me parler. Faut croire que j’ai un drôle de coup de vapeur.

— Hmm ? Grommelé-je lourdement.

Maresco s’assied en face de moi.

— Vous m’avez joué, dit-il. Vous avez empoché l’argent que je vous proposais pour partir et, au lieu de cela, vous avez quitté l’avion à Cleveland… et vous êtes revenu…