Elle est dans la poche de son gilet. Je libère mon poignet. Ouf ! Je me sens un autre homme. Rien de tel que l’action pour vous tonifier un zouave ! Pendant que j’en suis à le vaguer, je chauffe son morlingue et son artillerie. Le portefeuille contient quelques centaines de dollars, ce qui suffit pour le moment.
Bon, maintenant, s’agit de liquider l’autre tordu et de retrouver mes fringues.
Je passe dans la chambre voisine à pas de loup. Mais l’autre a dû percevoir quelque chose, car il se retourne dans son page.
Il baragouine quelque chose en anglais, d’une voix pâteuse. Puis il donne la lumière. Il a l’air ahuri en m’apercevant. Je ne lui laisse pas le temps de se demander de quelle couleur était le cheval blanc d’Henri IV. D’un bond, je suis sur lui. Je le chope par la gargane tandis que lui fouille sous son oreiller pour y attraper sa machine à effeuiller les extraits de naissance.
Un drôle d’oiseau !
Ce qu’il pense de moi, il ne veut pas me le dire avec des fleurs !
« Fais vite, bonhomme ! Me supplié-je, ou alors tu vas écoper d’une praline où tu mets la main lorsque tu reçois ta feuille d’impôts ! »
Et je fais vite. Je serre son cou avec une rage folle. Je sens craquer des machins cartilagineux sous mes doigts. Le gnace glousse et devient mou.
Je porte ma main sur sa poitrine : son battant s’est arrêté. J’ai un peu forcé sur la manette des gaz. Il a avalé son extrait de naissance alors que je voulais seulement le maîtriser.
Cette fois, je suis dans le jus de boudin jusqu’aux sourcils, les potes.